Voeux 2018 pour l’apprentissage

Nous formulons ici nos vœux pour améliorer le système d’apprentissage en France à l’aube d’une nouvelle réforme.

 

Augmenter l’âge maximal pour souscrire un contrat d’apprentissage

Pourquoi ? Parce que l’on se rend compte que certains secteurs, bien que pénuriques, n’attirent pas les jeunes. Pour autant, des personnes ayant expérimenté le monde du travail et ayant pleinement conscience de la réalité du marché souhaiteraient s’orienter vers des emplois d’avenir. Aujourd’hui, des financements permettent à certains d’être accompagnés et formés mais ils ne concernent pas la majorité. La formation des adultes est plus compliquée à mettre en place, voire impossible, notamment dans le cadre de l’apprentissage. Nous sommes tout à fait favorables à ce que l’apprentissage ait pour objectif de former les jeunes mais il est tout aussi important qu’il ait pour vocation le maintien de l’employabilité chez les adultes tout en permettant aux entreprises de disposer des ressources humaines expertes sur leur cœur de métier.

 Former les jeunes en apprentissage mais favoriser également les reconversions vers des secteurs pénuriques.

Favoriser l’accès à l’apprentissage

Et pour les entreprises et pour les apprenants. En effet, les écoles qui dispensent des formations en apprentissage voient leur quota d’apprenti atteint très rapidement. La situation semble bloquée puisque d’une part, les alternants n’ont plus de places disponibles sur ces formations et d’autre part, si les entreprises n’anticipent pas suffisamment leurs recrutements, elles sont contraintes de basculer sur de la professionnalisation si le cursus le permet voire de renoncer à l’embauche d’un alternant. L’ouverture d’une classe en apprentissage nécessite un montage de dossier colossal et des délais de mise en place excessifs. Les démarches d’ouverture de session doivent impérativement être simplifiées et raccourcies. Une autre problématique se pose, celle des délais de contractualisation. Bien que l’anticipation des ressources soient dans les esprits de la plupart des entreprises, il reste des impondérables, des commandes inattendues ou bien d’autres facteurs qui peuvent influencer les recrutements. De nombreuses entreprises se tournent également vers la professionnalisation ou vers d’autres dispositifs parce que les plannings de formation en apprentissage ne permettent pas de conclure un contrat passé un certain délai.

Accélérer les démarches d’ouverture de classe en apprentissage et pouvoir contractualiser à différentes périodes de l’année.

Réorienter la taxe d’apprentissage

Objet de tous les débats actuellement, la répartition de la taxe d’apprentissage. Aujourd’hui gérée par les régions, la taxe permet tout juste de maintenir les CFA à flot. Il nous parait essentiel de réorienter ces budgets pour mettre en place des formations de qualité en subventionnant les centres de formation, d’aider les entreprises à enclencher des démarches d’embauche d’apprentis et de redonner l’image de l’apprentissage qui fait l’objet de la prochaine thématique. Lorsque l’on parle d’aider les entreprises, on ne parle pas forcément de financement, l’idée est plutôt de répondre à leurs besoins réels. Typiquement, la plupart des formations accessibles en apprentissage concernent des CAP, BEP, BAC et BTS. Les entreprises françaises ont également besoin de main d’œuvre hautement qualifiée dans des domaines pointus ou des secteurs pénuriques.

Subventionner les CFA pour ouvrir des formations d’enseignement supérieur de qualité et redorer l’image de l’apprentissage

Redorer l’image de l’apprentissage

L’apprentissage est clairement terni par des années d’orientation dans cette voie de jeune en échec scolaire. Concrètement, nous pensons qu’en proposant des formations à plus haut niveau de qualification dans des secteurs communs (fonctions support par exemple), cela rendrait plus attractif l’apprentissage. Il va de soi qu’il faudra dans le même temps opérer un réajustement pour respecter une certaine équité dans la rémunération des deux contrats en alternance (apprentissage et professionnalisation).

Lorsque nous nous rendons chez le coiffeur, nous attendons de lui qu’il soigne son aspect esthétique ; lorsque nous prenons 2h d’entrainement sportif, nous attendons que le coach ait lui-même expérimenté ses conseils ; lorsque l’on sollicite un organisme pour dispenser des formations, nous attentons que cet organisme ait mis en place un plan de formation cohérent pour ses propres collaborateurs. Et bien nous pensons qu’il en va de même pour l’apprentissage, si nous voulons redorer son image et donner envie aux gens de suivre cette voie, il faut montrer l’exemple. Pour se faire, quoi de mieux que de mettre à la tête du gouvernement des personnes issues de l’apprentissage. Bien évidement cette orientation ne peut être mise en place qu’à long terme mais l’idée pourrait être plébiscitée dès maintenant. A plus court terme, pourquoi pas embaucher pour certains ministères ou certaines instances gouvernementales des apprentis de tout secteurs. Globalement, nous pensons que pour qu’une action fonctionne, il faut que les commanditaires la mettent en place eux-mêmes.

Être moteur du développement de l’apprentissage.

By | 2018-01-26T10:14:55+00:00 janvier 18th, 2018|

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